Poétique de l’espace

Data-architecture à partir de la Poétique de l’espace de Gaston Bachelard.

Architecture dont la structure est dessinée selon l’apparition des mots “dedans” et “dehors” dans l’ouvrage de Bachelard. La traversé de l’espace résonne avec la lecture du texte.

Trame de l’apparition des mots “dedans” et “dehors”, de haut en bas :

Bachelard présente la maison comme le coin du monde, notre refuge d’intimité. La maison est personnifiée, elle est une protection maternelle qui abrite notre corps. La poétique de l’espace est attachée à nos expériences intimes, c’est pourquoi ce livre est universel. Les pages de Bachelard nous plonge dans nos souvenirs d’enfance et les couloirs de notre maison familiale, ainsi la valeur d’intimité de la maison est commune à tous. La maison fait appel aux souvenirs de façon physique, par exemple la redécouverte d’un vieux coffre ;  et de façon mentale par les images associées à la maison. Elle est l’incarnation physique de nos souvenirs, Bachelard souligne l’importance de la matérialité. L’homme est matérialiste, les objets sont nécessaires pour notre survie mais au-delà de cela, ils personnifient notre vécue, racontent notre histoire, traduisent nos goûts et nos passions.

« Au temps de la transparence, de la traçabilité et de la communication, y-a-t-il encore place pour l’intime, ses douceurs secrètes, ses recoins de velours et ses discrètes déchirures ? Reste-t-il un lieu où déposer le trésor de nos fantasmes et la richesse de notre singularité ? […] L’intimité a-t-elle encore sa place dans un monde dans lequel s’effacent les frontières entre le privé et le public, où la privatisation détruit l’espace de la laïcité grâce à laquelle le public garantissait le territoire du singulier, où l’exhibition de l’intériorité se fait norme du lien communicationnel, l’avatar virtuel s’impose comme identité sociale, la pudeur et la vergogne laissent place à la vulgarité et à l’obscénité de l’expression sans limite ? »
Emmanuel Diet, Incertaines intimités. Connexions n°105, Penser l’intime, Eres, 2016, page 16

Architecture de l’intime

Dans l’histoire de l’architecture occidentale, l’espace réservé à l’isolement de l’individu, pour l’étude ou le recueillement intérieur, a été conçu sous des formes diverses, pourtant attribuables à une tradition unitaire aisément reconnaissable. De la villa romaine perdue dans la nature à la cellule du moine dans les monastères isolés, du cabinet-bureau de l’époque médiévale et humaniste à la pièce-bibliothèque de certaines demeures de Le Corbusier, il ressort toujours une oscillation entre sphère individuelle et sphère sociale, entre espace clos et monde naturel ouvert, entre isolement et partage. Les structures architecturales ont toujours fait la distinction entre ces deux environnements, mais elles les ont aussi toujours mis en relation mutuelle : c’est de ce rapport réciproque que naît et devient visible dans l’histoire un lieu spécifique à la production de la pensée.

Espace : Du latin spatium (« stade, champ de course, arène, étendue, durée »).
Propriété particulière d'un objet qui fait que celui-ci occupe une certaine étendue, un certain volume au sein d'une étendue, d'un volume nécessairement plus grands que lui et qui peuvent être mesurés.
Surface, étendue, volume destinés à un usage particulier.
Dedans : Du latin deintus, même sens.
Dans, à l'intérieur de. Dans un espace déterminé. Qui se trouve dans l'espace délimité par une chose. 
La maison :  Du latin mansionem (devenu masione(m) en latin populaire), accusatif de mansio « action de séjourner, séjour, habitation, demeure, résidence », du verbe manēre (« rester, séjourner »).
Habitation de l'homme. Bâtiment destiné à servir d'habitation à l'homme. Protection. « Nous voyons la nature mener un immense rêve de protection, un délire de protection et aboutir à une monstruosité de protection » Bachelard sur la coquille et le mollusque.
Le logis est au service de la vie biologique de l’homme mais aussi sa vie spirituelle. = survivre + vivre avec bonheur. La maison doit construire un cadre dans lequel toutes ses dimensions de l’homme s’épanouissent.
 Univers (humvelt) : Milieu, environnement, d'un groupe. L'ensemble de tout ce qui existe, la totalité des êtres et des choses. domaine psychologique de quelqu'un Ensemble des situations et des significations personnelles qu'un individu éprouve dans son existence, dans son environnement-pour-lui. Chaque homme a son univers. L'univers privé [est] essentiellement marqué par l'affectivité personnelle.
Rêverie : Rêver de l’ancien français resver (« errer »), de re- et esver (« errer ») → voir desver (« divaguer »), du gallo-romain esvo (« vagabond »), du latin populaire exvagus, composé de ex et de vagus (« errant »). Il avait le sens de « délirer, radoter » et a supplanté songer dans le sens de « faire des rêves en dormant ».
Réflexion profonde dans laquelle l'esprit est plongé; l'intuition, la pensée qui en découlent. Dans la rêverie, nous réfléchissons, nous cherchons, pour revenir sur le passé, à ralentir, à suspendre le mouvement perpétuel où nous sommes entraînés. État de conscience passif et généralement agréable dans lequel l'esprit se laisse captiver par une impression, un souvenir, un sentiment, une pensée et laisse aller son imagination au hasard des associations d'idées.
Selon Bachelard, la rêverie et la poésie remplace la philosophie, pour s’accrocher aux existences humaines, aux sens, sensations, au vécue.
Etre : De l’ancien français estre (« être »), du latin vulgaire essĕre (« être »), forme remaniée par analogie du latin classique esse (« être »), ainsi que de l’ancien français ester, du latin stare (« être debout »). 
Au sens fort. Exister. Vivre une vie pleinement humaine. La volonté d'être; le bonheur d'être.